Cigognes au pays de la Lys Romane

Cigognes au pays de la Lys Romane

Début avril, un couple de cigognes blanches (cicogna cicogna) s’est installé en haut d’un pylône électrique, 90 000 volts quand même, sur la commune de Saint Venant.


C’est le 2ème couple nicheur de la ville, puisqu’un premier couple a commencé à nicher sur la commune en 2009. Mieux encore, en observant l’installation du nid par le nouveau couple non bagué, nous avons pu observer un 3ème couple en vol. Il y a donc probablement 3 nids au pays de la Lys Romane. 
Dans une période où la perte de biodiversité est malheureusement une dure réalité, l’arrivée de ces beaux échassiers est une excellente nouvelle. En 1974, seulement 11 couples subsistaient comme nicheurs en France. En 1978 le premier couple nicheur en Nord-Pas de Calais est venu s’installer à Moulle. Cependant, dans le Pas-de-Calais, selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), la cigogne blanche est toujours considérée comme vulnérable.
Rappelons que, depuis la loi du 17 avril 1981, la cigogne blanche bénéficie d’une protection totale sur le territoire français. Il est donc interdit de la détruire, la mutiler, la capturer ou de la perturber intentionnellement.
La cigogne, au comportement plutôt grégaire, doit trouver dans le bassin de la Lys un biotope favorable : prés et végétation basse, zones humides avec des eaux peu profondes. Elle se nourrit d’insectes, de mollusques, d’invertébrés, de poissons, d’amphibiens, de petits mammifères et de petits oiseaux… 
Nous avons contacté RTE (Réseau de Transport d’Electricité) pour évaluer le risque de cette installation en haut d’un pylône, à plus de trente mètres de hauteur, une première dans la région. Deux ingénieurs chargés de l’environnement du réseau Nord-Est et deux techniciens se sont rendus sur place avec deux représentants de la LPO62. Actuellement, il n’y a aucun risque de perturbation de la ligne haute tension. Cependant RTE va suivre régulièrement l’évolution du nid de façon à intervenir, hors période de nidification, en installant par exemple une plateforme si les risques deviennent réels. Nous avons également évoqué le baguage de cigogneaux. RTE semble d’accord pour intervenir avec des « lignards » pour l’effectuer, sous la responsabilité d’un membre de la LPO habilité pour le baguage. En résumé tout va bien ! Nous avons trouvé auprès de nos interlocuteurs de RTE une sensibilité écologique et une écoute bienveillante. 
Le seul problème est évidemment le risque d’électrocution pour ces cigognes qui atteignent facilement une envergure d’un mètre quatre-vingt dix et qui risquent de toucher les câbles électriques. Ce risque est surtout important à l’envol des cigogneaux. Croisons les doigts !
Une nouvelle plateforme artificielle a été installée cet hiver à quelques centaines de mètres, sur la commune d’Isbergues. L’extension de la colonie est donc envisageable et, sachant que les cigognes peuvent vivre jusqu’à 25 ans, de beaux jours sont possibles si nous prenons garde à préserver cette espèce.

 

Les commentaires sont clos.