• Compte-tenu de la situation, nous sommes injoignables par téléphone fixe. Pour le Réseau SOS Faune sauvage, le n° 07 72 22 51 40 reste joignable. Vous pouvez nous écrire sur pas-de-calais@lpo.fr . Nous faisons du mieux que nous pouvons avec la situation actuelle. Merci pour votre compréhension. Nous souhaitons un bon courage à toutes les personnes concernées.

[Un jour, une espèce] La Buse variable

Lundi 20 avril, trente cinquième jour de confinement. Profitant d’un courant ascendant, douze cigognes sont passé au dessus de chez moi ce matin. Il nous reste quelques oiseaux !

Comme il faut bien s’occuper, je vais vous proposer de vous envoler aujourd’hui avec un oiseau patient : la Buse variable Buteo buteo.

Attention : comme hier, une erreur malencontreuse s’est glissée dans le texte, saurez-vous la trouver ? (l’erreur d’hier : les accenteurs ne mangent pas de prunes, par contre le prunellier, ce petit arbre buisson lui convient parfaitement).

Le nom de la Buse variable vient du latin buteo (buse). En allemand Maüsebussard (busard des souris), en Anglais common buzzard (busard commun), en italien Poiana comune (buse commune), en espagnol ratonero (buse -raton=souris-). Vous remarquerez que selon les langues il y a confusion entre la buse (Buteo) et le busard qui fait lui partie de la famille Circus.

« … par les jours ensoleillés, l’appel de l’air l’élève vers le ciel : légère, elle décrit des orbes jusque très haut dans l’azur, pareille à un petit aigle, et ses miaulements espacés résonnent comme des cris de joie. » Paul Géroudet

La Buse variable est un rapace diurne de taille moyenne, sédentaire, on la trouve dans des milieux ouverts : prairie, champs, marais et on la voit souvent le long de l’autoroute perchée sur les piquets qui bordent la voie. Avec le Faucon crécerelle, c’est le plus courant des rapaces de chez nous. La buse se nourrit principalement de petits rongeurs. L’adjectif variable définit la couleur du plumage de la buse qui peut être très différente d’un sujet à l’autre : très claire, le corps pratiquement tout blanc, intermédiaire poitrail clair et dos plus sombre ou alors elle est foncée, presque noire… Elle a cependant toujours un V plus clair sur la poitrine. En vol c’est un oiseau compact avec une tête courte, un cou épais, un corps costaud, des ailes assez larges et une queue courte.

La buse est le plus gros des oiseaux de proies du Pas-de-Calais, si l’on exclut quelques grands rapaces de passage, comme le pygargue ou le balbuzard. On ne reconnaît la buse qu’à son allure générale (son jizz), elle est trapue, la queue courte arrondie et rayée finement, elle a un V sur la poitrine. On peut la confondre l’été avec la Bondrée apivore. En vol, elle profite souvent des ascendances aériennes favorables pour monter en cercle haut dans le ciel puis se laisser tomber, par paliers, en repliant les ailes. Elle effectue parfois (par grand vent), comme le faucon, un vol stationnaire avant de plonger sur la proie. Elle pratique également le vol battu pour se déplacer.

La plupart du temps, elle chasse patiemment à l’affût sur un piquet ou sur les branches basses d’un arbre. Elle peut rester ainsi plusieurs heures. On pourrait penser qu’elle dort, mais son ouïe est en alerte et ses yeux perçants repèrent le moindre mouvement dans les herbes. Puis elle s’abat sur un rongeur, tué sur le champ par la puissance des serres et consommé sur place. La plus grande partie de son alimentation est composée de campagnols (environ 70 % des proies). Elle consomme également : mulots, musaraignes, taupes, poissons, grenouilles, lombrics… En hiver la buse est capable de jeûner pendant une dizaine de jours.

La parade amoureuse de la buse est souvent remarquable, le couple profite des ascendants thermiques pour s’élever dans le ciel en décrivant des cercles opposés. Le mâle est en général au-dessus, se laisse tomber brusquement vers la femelle qui se met alors sur le dos, le mâle la frôle et l’attrape quelquefois par les pattes, ils tombent alors ensemble de quelques mètres avant de profiter de nouveau des courants ascendants.

La construction du nid prend en général un mois, mais le plus souvent le couple va recharger un nid déjà utilisé, ou prendre possession du nid d’un corvidé en y ramenant des matériaux. Le nid se situe toujours vers la cime des arbres, dans petit bois ou en bordure de forêt. En avril, la femelle commence à pondre 1, 2, quelquefois 3 œufs à quelques jours d’intervalle (un œuf tous les 2 ou 3jours), dès le premier œuf elle couve. Les petits vont éclore avec le même intervalle, quelquefois plus d’une semaine entre le premier et le troisième, ce qui est souvent dramatique pour lui. Elle couve pendant près de 8 semaines, le mâle la nourrit et elle sort un peu pour chasser. À l’éclosion elle reste encore un peu plus d’une semaine à réchauffer les petits. C’est la période la plus délicate, le mâle doit nourrir la femelle, les petits et lui-même, soit plus de 20 campagnols par jour. Au bout de quelques jours, les jeunes sont nourris par les deux parents pendant une cinquantaine de jours. Le dernier né des poussins est souvent tué et mangé par les autres ou même tué et dépecé par les parents pour nourrir la fratrie. Souvent, un seul des petits prend son envol, et en fonction de l’abondance de proies, deux… rarement trois. La Buse variable est donc très sensible à la prolifération cyclique des campagnols.

L’homme est le principal ennemi de la Buse variable, on lui reproche sa prédation de levraut ou de perdrix, alors qu’elle n’est que très marginale, et on oublie le service qu’elle rend aux cultivateurs en éliminant des quantités énormes de micro-mammifères des champs. Bien-sûr, la loi protège la buse, mais elle est encore fréquemment tirée par les braconniers. à cela s’ajoute empoisonnement, quelquefois volontaire, par les raticides et les pesticides… La dégradation de son habitat due à l’intensification des pratiques agricoles et la modification de l’utilisation des terres lui est également néfaste.

La population de Buse variable est stabilisée en Europe, mais pas en France où elle continue à décroître, on peut se demander pourquoi ?

https://www.oiseaux.net/oiseaux/buse.variable.html

Sources : Guide ornitho, La mystérieuse histoire du nom des oiseaux de Henriette Walter, les passereaux d’Europe de Paul Géroudet, Oiseaux.net.

Crédit photo : Christophe Deswartvaeger, Jean François Pépin, Didier Plouchard et Serge Larivière

A demain avec une fauvette.

Jean François

L’erreur concerne encore une fois la nourriture, la Buse variable ne mange pas de poisson, il est réservé pour le Balbuzard pêcheur

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