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[Un jour, une espèce] Le Serin cini

Lundi 6 avril, vingt et unième jour de confinement. Les gendarmes s’activent sur les dalles de l’allée du jardin. Il nous reste quelques oiseaux !

Comme il faut bien s’occuper, je vais vous proposer de vous envoler aujourd’hui avec un petit oiseau: le Serin cini Serinus serinus.

Attention : comme hier une erreur malencontreuse s’est glissée dans le texte, saurez-vous la trouver ? (L’erreur d’hier : Le coucou ne fait pas beuh quand il se cache).

On est pas réellement sûr de l’origine du nom Serin cini, le nom viendrait peut être du Grec Seirên sirène, dans la mythologie les sirènes d’Ulysse étaient en fait des oiseaux. En allemand Girlitz (proche de Stieglitz qui est le nom du chardonneret), en anglais serin, en espagnol verdecillo et en italien verzellino, les 2 langues espagnol et italien reprennent la couleur verte du Serin cini. Pour ma part j’espère ne pas trop vous « seriner » tous les jours avec mes histoires d’oiseaux. Cini vient lui du cri de l’oiseau.

Le Serin cini est le plus petit des fringillidés. On le trouve un peu partout : vergers, cimetières, jardins, parcs, lisière des bois, bosquets, il est cependant plus en campagne, et beaucoup plus présent dans le sud de la France que chez nous. Brun verdâtre, on peut le confondre avec le Tarin des aulnes, mais il a un bec court et épais, une poitrine jaune, les parotiques (autour de l’oreille) bordées de jaunes, dans les ailes une très légère barre alaire et des stries épaisses sur les flancs. C’est un migrateur partiel.

« Dès que brille le soleil, une étrange litanie aiguë, grinçante, mais alerte, semble tomber du ciel en strophes interminables. » Géroudet

Il est proche du Serin des Canaries (que l’on ne trouve chez nous qu’en cage et qui n’a plus grand chose à voir avec l’espèce d’origine qui vit toujours à l’état sauvage sur les îles Canaries). Il existe au proche-Orient le Serin syriaque et le Serin à front rouge. Le Serin cini est un oiseau sociable et doux. Le serin est granivore, selon la saison on va le trouver cherchant sa nourriture dans les conifères, les aulnes, les navets ou les laitues montées en graine, le plantain, le mouron, l’armoise… toutes les graines composent son menu. En nidification, il attrape aussi quelques pucerons ou chenilles, mais seulement en tout début de nourrissage.

Son chant est composé de notes aiguës, émises en vol nuptial papillonnant ou posée en haut d’un arbre, le chant est pressé, les notes liées forment un babil doux et agréable. Son chant peut faire penser à une roue de vélo rouillée qu’on tourne. Originaire du sud, le Serin cini aime le soleil et c’est souvent tourné vers lui qu’il émet son chant.

Par son chant, il marque son territoire et courtise madame. La femelle accompagnée du mâle choisit l’emplacement du nid. Elle construit un petit nid profond (diamètre externe 9 cm, interne 4 à 5 cm et profond de 4 cm) avec des radicelles bien tressées, de la mousse, des toiles d’araignées… La coupe est garnie de végétaux, de laine, de plumes… Elle pond en mai souvent 4 œufs blanchâtres, légèrement tachés de brun. Elle couve pendant 2 semaines, le mâle la nourrit en régurgitant. Après l’éclosion, les deux parents nourrissent. Au bout d’une quinzaine de jours, les jeunes quittent le nid. Ils se cachent dans les hautes herbes. Ils crient sans cesse pour quémander de la nourriture, ce qui peut leur être fatal, et continuent à être nourris pendant au moins une semaine. En fonction de la météo et des prédateurs (principalement la pie et le chat) la réussite de la couvée est de 70 à 90 %. Une seconde couvée est très fréquente.

Méditerranéen à l’origine, en septembre une bonne partie des serins quittent le Pas-de-Calais pour descendre dans le sud de la France où ils sont toujours beaucoup plus nombreux que chez nous. Ils reviendront en mars/avril. Avec le réchauffement climatique, le serin nidifie de plus plus haut, on le trouve également en Bretagne, ce qui n’était pas le cas au début du siècle dernier.

L’avenir du Serin cini dans le Pas-de-Calais est incertain, il présente un déclin marqué de sa population, lié au recul des jachères dans lesquels il trouve ses ressources alimentaires. Les suivis montrent une baisse de 54 % depuis 1989 et de 39 % depuis 2000 (UICN https://inpn.mnhn.fr/docs/LR_FCE/UICN-LR-Oiseaux-diffusion.pdf ). Il subit le même sort que de nombreuses espèces de passereaux dont le déclin avéré semble inexorable.

Vous pouvez favoriser le Serin cini en tolérant les zones de friche et les « mauvaises herbes » qui le nourrissent. Faites pression sur vos collectivités locales, sur vos lieux de travail pour favoriser ces friches pleines de vie. Vous pouvez laisser dans votre potager les plantes monter en graine, laitue, radis, choux… Les serins peu farouches vont venir s’en régaler… L’hiver il vient à l’occasion sur les mangeoires plateaux se nourrir de petites graines, millet par exemple. Vous pouvez aussi favoriser son implantation chez vous en plantant des arbustes à feuilles persistantes comme le buis.

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.oiseauxdesjardins.fr/userfiles/Fichesespces/FicheespceSC.pdf

Sources : Guide ornitho, La mystérieuse histoire du nom des oiseaux de Henriette Walter, les Passereaux d’Europe de Paul Géroudet, Oiseaux.net.

Crédit photo : Serge Larivière, Didier Pouchard

A demain avec un autre volatile, portez-vous bien.

Jean François

Oups pas d’erreur dans cet article 🙂

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